#HISTORIQUE#
ALEXANDRE LACASSAGNE: «L’encre de ton corps espère la libération de l’esprit».
Le père fondateur de «L’école lyonnaise de criminologie» ALEXANDRE LACASSAGNE (1843-1924) détient la chaire de médecine et de toxicologie dans la capitale des Gaules.
Cet expert aux grandes affaires criminelles manifeste un intérêt croissant pour les tatouages, objet d’étude qui ne cesse jusqu’au terme de sa carrière de le captiver.
Cette curiosité de «l’ornementation cutanée» le conduit à développer une typologie de l’ensemble des dessins et des inscriptions portés sur la peau des hommes et des femmes de la IIIème République.
Il étudie notamment les tatouages des soldats condamnés du deuxième bataillon d’infanterie légère d’Afrique.
Ces « cicatrices parlantes » révèlent la personnalité mais aussi la dangerosité de l’individu portant ainsi le « pionnier de la médecine légale » à mieux appréhender le monde des populations marginalisées de son époque.
Véritable « langue encrée d’un groupe social », le tatouage permet ainsi d’établir la sociologie des personnes en marge de la société de l’époque.
Ce méticuleux travail de recensement débouche sur la compilation de sept carnets regroupant plus de 800 tatouages permettant une analyse et un regard uniques sur cet univers parfois répugnant mais néanmoins fascinant.
Des figures patriotiques en passant par des images religieuses, sans oublier les inscriptions à la symbolique ancestrale à travers parfois des emblèmes militaires, les catégories de tatouages demeurent un patrimoine unique qui ancre avec fascination « cette culture de l’encre » à la noirceur bleutée dans l’esprit de l’ensemble du corps social enclin à s’identifier au monde de la marginalité.
Des bas-fonds aux hautes sphères, le tatouage illustre l’espérance de vivre la normalité du corps social en portant l’encre de son particularisme cutané dans l’univers du « signe palpable et ancré de la marginalité normalisée ».
Cette culture de la médecine et de « la prison » est dans l’ADN de la famille Lacassagne.
Cette anthologie du tatouage se poursuit avec Jean, médecin comme son père.
Ce travail d’archivage et d’identification est également développée par le médecin légiste Edmond Locard (1877-1966).
Conservés à l’Université Claude Bernard de Lyon, ces travaux apportent un regard unique et détaillé sur l’histoire des populations marginalisées de l’époque et sur celle de la médecine légale.
Ce travail patrimonial inestimable a permis de consacrer ces « experts de l’encre » des destins oubliés comme les grands précurseurs de la police scientifique.
POUR TSHIRT RUE DL’A JOIE